Combien produisent réellement des panneaux solaires en Gironde, dans les Landes et en Dordogne ?
Les simulateurs en ligne annoncent des chiffres flatteurs, les brochures commerciales encore davantage. Sur le terrain, la production réelle d’une installation photovoltaïque dépend d’abord de sa localisation, puis d’une série de facteurs que les estimations rapides ignorent. Après plus de 2 000 installations posées en Nouvelle-Aquitaine, nous avons une idée assez précise de ce qu’une toiture produit vraiment dans chacun de nos départements.
Le seul chiffre qui compte : le productible
Pour comparer deux localisations, on ne raisonne ni en heures d’ensoleillement ni en puissance installée, mais en productible : le nombre de kilowattheures produits chaque année par kilowatt-crête installé. On l’exprime en kWh/kWc/an.
L’intérêt de cette unité est qu’elle permet de comparer ce qui est comparable. Une installation de 3 kWc et une installation de 9 kWc situées sur la même commune, avec la même orientation, auront le même productible. Il suffit ensuite de le multiplier par la puissance posée pour obtenir la production annuelle attendue.
À titre de repère, le productible moyen français se situe autour de 1 100 kWh/kWc dans le Nord et dépasse 1 400 dans le pourtour méditerranéen. La Nouvelle-Aquitaine se place dans la moitié haute de cet éventail.
Production panneaux solaires Gironde : à quoi s’attendre
Une installation correctement orientée en Gironde produit généralement entre 1 200 et 1 300 kWh par kilowatt-crête et par an.
Concrètement, cela donne les ordres de grandeur suivants pour une toiture bien exposée :
Une installation de 3 kWc produit environ 3 700 kWh par an, soit la consommation électrique hors chauffage d’un couple.
Une installation de 6 kWc produit environ 7 500 kWh par an, ce qui correspond aux besoins d’une famille de quatre personnes dans une maison de taille moyenne.
Une installation de 9 kWc produit environ 11 000 kWh par an, dimension pertinente pour une maison chauffée à l’électricité ou équipée d’un véhicule électrique.
Bordeaux et son agglomération bénéficient d’un ensoleillement annuel supérieur à 2 000 heures, avec un climat océanique tempéré : moins d’épisodes caniculaires qu’en Provence, ce qui limite les pertes de rendement liées à la chaleur. Le Bassin d’Arcachon et le Médoc se situent dans la fourchette haute, grâce à la réverbération et à une nébulosité plus faible en bord de mer.
Les Landes, le département le plus favorable de la région
Les Landes affichent le meilleur productible de nos départements d’intervention, entre 1 250 et 1 350 kWh/kWc selon la commune.
Le littoral, de Biscarrosse à Capbreton, profite d’un ensoleillement élevé et d’une brise marine qui refroidit naturellement les modules. Ce détail compte plus qu’on ne le croit : un panneau photovoltaïque perd en rendement à mesure que sa température augmente, et une toiture ventilée produit davantage qu’une toiture écrasée par la chaleur.
L’intérieur du département, autour de Mont-de-Marsan et de Dax, reste très bien positionné, avec des valeurs proches de celles du Sud-Ouest toulousain.
La Dordogne, des écarts marqués selon les secteurs
La Dordogne se situe entre 1 150 et 1 280 kWh/kWc, avec des différences notables selon les zones.
Le Bergeracois et la vallée de la Dordogne, plus au sud, sont les secteurs les plus productifs du département. Le Périgord vert, au nord, plus vallonné et légèrement plus arrosé, se situe dans la fourchette basse.
Le relief joue ici un rôle que l’on rencontre peu en Gironde ou dans les Landes : dans les vallées encaissées, les coteaux et les massifs boisés peuvent créer des masques solaires en début et en fin de journée. C’est un département où l’étude d’ombrage sur site prend tout son sens.
Tableau récapitulatif
| Département | Productible moyen (kWh/kWc/an) | Production estimée pour 6 kWc |
|---|---|---|
| Gironde | 1 200 – 1 300 | 7 200 – 7 800 kWh |
| Landes | 1 250 – 1 350 | 7 500 – 8 100 kWh |
| Dordogne | 1 150 – 1 280 | 6 900 – 7 700 kWh |
| Lot-et-Garonne | 1 220 – 1 320 | 7 300 – 7 900 kWh |
| Charente-Maritime | 1 250 – 1 350 | 7 500 – 8 100 kWh |
| Pyrénées-Atlantiques | 1 150 – 1 270 | 6 900 – 7 600 kWh |
Ces valeurs correspondent à une toiture orientée plein sud, inclinée à 30 degrés, sans ombrage. Elles constituent un plafond réaliste, pas une garantie.
Ce qui fait vraiment varier la production
Deux maisons situées dans la même rue peuvent afficher des productions écartées de 30 %. Voici pourquoi.
L’orientation et l’inclinaison
Le plein sud à 30 degrés reste la référence. Une toiture orientée sud-est ou sud-ouest perd environ 5 %, une toiture plein est ou plein ouest entre 15 et 20 %. Ce n’est pas rédhibitoire : une exposition est-ouest étale la production sur la journée, ce qui améliore souvent le taux d’autoconsommation, donc la rentabilité réelle.
Les ombrages
C’est le premier facteur de sous-performance que nous constatons. Un arbre, une cheminée, un pignon voisin ou une antenne peuvent amputer une production de plusieurs centaines de kilowattheures par an. Selon la configuration, des micro-onduleurs ou des optimiseurs permettent de limiter fortement cet impact.
La température
Contrairement à une idée reçue, la canicule ne fait pas produire davantage. Au-delà de 25 degrés à la surface du module, le rendement baisse. C’est pourquoi une installation bien ventilée en sous-face, sur une toiture inclinée, produit plus qu’une pose intégrée mal aérée.
L’encrassement et le vieillissement
Poussières, pollens, fientes et lichens réduisent progressivement la production. En Nouvelle-Aquitaine, la pluie assure l’essentiel du nettoyage. Quant au vieillissement, les modules récents perdent environ 0,4 à 0,5 % de rendement par an, ce qui laisse plus de 85 % de la puissance d’origine au bout de 25 ans.
De la production à l’économie réelle
Produire beaucoup ne suffit pas. Depuis la réforme du 5 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau n’est plus racheté qu’à 1,1 centime par kilowattheure, alors qu’un kilowattheure consommé sur place vous en économise environ vingt.
Autrement dit, une installation de 9 kWc en Dordogne dont seulement 30 % de la production est autoconsommée rapportera moins qu’une installation de 6 kWc en Gironde autoconsommée à 70 %. Le productible détermine le potentiel ; c’est le taux d’autoconsommation qui détermine le gain.
C’est pour cette raison que nous dimensionnons nos installations à partir de votre courbe de consommation réelle, et non de la surface disponible sur votre toiture.
Questions fréquentes
Comment connaître le productible exact de ma maison ?
L’outil européen PVGIS, gratuit et public, donne une estimation en fonction de vos coordonnées, de votre orientation et de votre inclinaison. Il ne tient pas compte des ombrages proches, qui nécessitent une visite sur site.
Est-ce que la Nouvelle-Aquitaine est vraiment bien placée pour le solaire ?
Oui. La région se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale, avec des valeurs proches de celles de la vallée du Rhône. L’écart avec la Provence existe, mais il est bien moindre que ce que l’on imagine, et il est compensé par des températures estivales plus modérées.
Que produit une installation en hiver ?
Entre décembre et février, la production tombe généralement à 20 ou 30 % de celle des mois d’été. C’est normal et prévu dans tous les calculs annuels. Cette saisonnalité explique pourquoi une installation résidentielle est dimensionnée sur l’année, et non sur un mois donné.
Faut-il nettoyer ses panneaux pour maintenir la production ?
Rarement dans notre région, où les précipitations suffisent le plus souvent. Un contrôle visuel annuel et le suivi des courbes de production dans l’application de votre onduleur permettent de détecter une éventuelle anomalie.
Connaître la production attendue de sa toiture est la première étape d’un projet solaire sérieux. La seconde, c’est de savoir ce que vous allez faire de cette production.
Soleil Aquitain réalise votre étude de production personnalisée, gratuitement et sans engagement, dans toute la Nouvelle-Aquitaine.
